Le paradoxe du linguiste

Authors

  • Primož Vitez Université de Ljubljana

DOI:

https://doi.org/10.4312/linguistica.52.1.393-402

Keywords:

linguiste, épistémologie linguistique, objectivité, paradoxe saussurien, éthique de la science

Abstract

Le linguiste, dans sa volonté explicite de s'imposer comme sujet scientifique et de décrire objectivement la langue comme un objet qui lui est extérieur, est paradoxal, parce que, du fait même qu'il est habité de sa langue, il se trouve nécessairement dans l'impossibilité de remplir la tâche qu'il se propose. Le paradoxe du linguiste consiste donc en cela que, si on se permet de paraphraser l'observation de Labov, « les faits de la langue s'étudient selon la vision de tel ou tel linguiste individuel, alors que le linguiste n'existe que par son expérience personnelle des faits linguistiques ». Cela signifie très simplement que le linguiste, en tant que descripteur d'une langue, n'est opératif qu'à l'intérieur de son objet d'analyse. La crédibilité de l'analyste dépend entièrement de la position éthique qu'il prendra vis-à-vis de sa recherche.

 

 

 

 

 

 

 

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Published

31.12.2012

How to Cite

Vitez, P. (2012). Le paradoxe du linguiste. Linguistica, 52(1), 393–402. https://doi.org/10.4312/linguistica.52.1.393-402